Réussir sa reprise : un enjeu individuel et collectif
- Thomas Vedrine

- 2 sept. 2025
- 3 min de lecture

L’été est souvent un moment suspendu. Chacun a pris du recul, profité du vide pour se recentrer, clarifier ses besoins, ses envies, et parfois décider de ce qu’il ne veut plus. La rentrée devient alors un carrefour : chacun revient « chargé de ça ». Ignorer cette réalité, c’est courir le risque de repartir comme si de rien n’était, en laissant de côté ce qui pourrait justement donner un nouvel élan.
On peut appeller cela une phase de réinclusion (cf. Will Schutz et l’Élément Humain). Après une coupure, le collectif a besoin de se réaccueillir, de se réinterroger sur ce que chacun apporte et sur ce qu’il attend. Une reprise réussie passe par là : recréer du lien, du sens, et projeter ensemble un nouveau cap.
Les risques d’une reprise « en pilote automatique »
Si ce temps de réinclusion n’existe pas, les effets sont visibles :
des tensions qui remontent des discussions estivales (famille, amis, « barbecues »…),
des prises de conscience personnelles qui peuvent générer des frustrations si elles ne sont pas accueillies,
une perte de motivation ou une énergie qui demande à être stimulée.
Ces rituels de transition permettent de marquer une étape et d’éviter le sentiment de « prendre les mêmes et recommencer », avec ses habitudes nocives et ses échanges stériles.
Quand une reprise devient une opportunité
Une reprise réussie, c’est celle qui donne de l’énergie, qui ouvre une page blanche, qui fait sentir à chacun qu’il est important.À l’inverse, une reprise ratée est souvent perçue comme une simple continuité, sans souffle nouveau.
👉 Le parallèle avec le sport est clair : au football, une nouvelle saison commence toujours par une phase d’inclusion — nouvelle équipe, nouveaux objectifs, redéfinition des rôles. En entreprise, même si les personnes restent les mêmes, la coupure a changé quelque chose en elles. Il est essentiel de l’entendre et de le travailler collectivement.
Quels rituels pour réussir sa reprise ?
Deux leviers simples mais puissants :
Un temps collectif de lancement : réunion d’équipe, CODIR, séminaire, ou même un moment plus convivial qui sacralise le redémarrage.
Un temps individuel : entretien (même bref) où le manager pose des questions ouvertes :
« Avec quoi tu arrives ? »
« Qu’est-ce que ces congés t’ont apporté ? »
« Quelle est ton ambition pour les mois à venir ? »
« Comment puis-je t’aider ? »
Ces rituels ne sont pas accessoires : ils permettent à chacun de retrouver une place, de se sentir entendu, et d’aligner ses énergies sur celles du collectif.
L’importance du facteur humain
Une période de coupure entraîne souvent un retour à soi. Ce retour peut être vécu comme un regain d’énergie ou comme une remise en question.Un manager attentif saura transformer ces vécus individuels en ressources pour le collectif.
Par exemple :
Au football, combiner une journée de cohésion et des entretiens individuels crée cette double dynamique.
En entreprise, un CODIR au complet après l’été, enrichi d’un bilan des réunions en effectif réduit, permet de croiser les regards et de redémarrer fort.
Notre kit de la rentrée en 3 points
Pour un manager ou un dirigeant, voici trois repères simples pour réussir sa reprise :
Prendre la rentrée comme un nouveau souffle : inviter chacun à s’engager dans une dynamique de renouveau.
Vivre un temps collectif convivial, dynamisant et porteur de sens : marquer symboliquement le « redémarrage ».
Sacraliser un temps individuel pour chaque personne, même bref, afin de reconnaître ce qu’elle apporte et ce qu’elle attend.
Conclusion
La reprise n’est pas un simple retour à la routine. C’est une occasion unique de régénérer le collectif, de mettre en cohérence les aspirations individuelles et le cap commun.
En sport comme en entreprise, ce sont les rituels de début qui déterminent souvent l’énergie et la cohésion de toute la saison.



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